lundi 19 janvier 2015

Interview exclusive d'un réalisateur: Arnaud Sadowski

La classe TOBM de Mme Braun a étudié les courts métrages de Fréjus et particulièrement "la vie comme elle vient" d'Arnaud Sadowski qui a eu la gentillesse de nous envoyer son scénario.



Ce court métrage de la sélection 2015 du festival de Fréjus a remporté la majorité des suffrages des TOBM  présents le jour du vote.
Arnaud Sadowski a bien voulu répondre à nos questions.
« Merci à toutes et tous pour vos questions et au plaisir de vous croiser à Fréjus avec Julie pour celles et ceux qui pourront passer sur le Festival lorsque nous serons là ! »

Amicalement. 

Arnaud SADOWSKI



TOBM :   Comment est venue l’idée de ce film ?
Arnaud Sadowski : L’idée du film m’est en fait venue par hasard en regardant un documentaire à la télévision qui traitait des maladies liées à la mémoire chez les jeunes. J’y ai appris beaucoup de choses et me suis dit par la même occasion que cela pouvait être un bon sujet de film. Je souhaitais depuis quelques temps réaliser un court sur un jeune couple et j’ai vite décidé de mêler ces deux sujets…
TOBM :   Y-a-t-il eu des changements qui se sont imposés entre le scénario et le film ? et si oui pourquoi ?
A .S: Comme sur tous les films, il y a bien entendu eu de nombreux changements entre le scénario et le film et ce pour diverses raisons. La première et que je réécris à chaque fois mon film pour les comédiens que je choisis et la seconde est que nous avons été victimes de grosses intempéries en plein milieu du tournage.  
        TOBM :   Nous avons relevé que certains lieux dans le scénario ont été changé ex séquence n°23 prévu dans un appartement ou un café. Comment s’est fait le choix des lieux ?
A .S: Le choix des lieux s’est fait après l’écriture du scénario. De ce fait par exemple, j’ai trouvé plus judicieux que la séquence finale ait lieu en pleine rue plutôt que dans un lieu clôt. Je trouvais plus fort que les sentiments exacerbés des différents protagonistes éclatent en pleine rue. C’est le moment où la goutte d’eau fait déborder le vase pour tout le monde et tout explose. Personne ne se soucie d’être en extérieur et non dans leur cadre familial. Cela me paraissait plus en rapport avec ce que je souhaitais dire et j’ai changé ce lieu le jour même du tournage en accord avec mon chef opérateur…
TOBM :   Le film alterne 2 récits enchâssés dans un montage alterné. Pourquoi ces 2 histoires en une ? Avez-vous eu des difficultés à placer des 2 récits ?
A .S: Dès que j’ai eu l’idée du film, je savais que je voulais mêler deux histoires. Je voulais construire le film comme un puzzle qui se remettrait en place petit à petit au fil du film. Mon envie, un peu folle je l’admets quand on écrit un film, était de faire en sorte que le spectateur soit lui aussi un peu perdu comme le sont chacun des personnages du film…  
TOBM :   Alors vous aimez Prévert et les enfants du Paradis ? C’est votre référence ?
A .S: Je trouvais drôle qu’un « petit dragueur de banlieue » pour reprendre une réplique du film, tente de séduire une jeune femme en citant un grand classique du cinéma…
TOBM :   En combien de temps avez-vous écrit le scénario ? a-t-il beaucoup été retravaillé ?
A .S: Je crois avoir écrit le scénario en trois semaines environ et je l’ai ensuite retravaillé une fois que j’avais choisi Matthieu et Julie pour interpréter ce jeune couple.
TOBM :   Comment avez-vous choisi les acteurs ? Les acteurs ont été facilement trouvés ?
A .S: Au départ, j’ai écrit le film en pensant à Matthieu Longatte. Je l’avais découvert dans le film Donoma et je l’avais trouvé incroyable. Je voulais impérativement travailler avec lui et lui ait donc écrit ce personnage qui était à l’opposé de tous les personnages violents et durs que je l’avais vu interpréter jusqu’alors… A Fréjus  j’ai rencontré Julie De Bona. Nous nous sommes de suite bien entendu et nous avons gardé contact. Peu de temps après le festival, elle a lu le scénario et m’a dit qu’elle l’avait beaucoup aimé. C’est donc tout naturellement que je lui ai proposé le rôle.  
TOBM :   Comment se fait le  tournage ?
A .S: Le tournage de ce film, malgré des conditions météorologiques désastreuses et imprévues qui nous ont contraint de « tourner entre les gouttes » s’est fait en équipe très réduite. (Nous étions 7) et dans une ambiance oscillant entre le sérieux et la colonie de vacances. Bonne humeur, rires et travail étaient donc au rendez-vous.
TOBM :   Le tournage a duré combien de temps ?
A .S: Sur la vie comme elle vient, il y a eu 2 jours de tournage en aout et une soirée en novembre pour les deux passages clipés soit une vingtaine d’heures en tout.
TOBM :   Combien de temps pour le montage ?
A .S: Le montage est une étape très longue, surtout que nous avions beaucoup de matière grâce au talent des comédiens. Nous avons donc travaillé plusieurs semaines sur le montage et nous avons fait une première version qui durait presque 30minutes. Afin de correspondre à la durée demandée par le festival, nous avons ensuite fait de nombreuses coupes afin de faire en sorte de ramener le film sous la barre des 25 minutes…
TOBM :   Combien a couté ce tournage (global ou détaillé si vous acceptez de nous le dire)
A .S:   Ah mais oui, j’accepte sans souci ! Le film a coûté en tout 750 €, ce qui est très peu pour un court-métrage…
TOBM :   Avez-vous pu trouver facilement un producteur, des financements ?
A .S: Compte tenu du coût du film, je l’ai produit seul avec le soutien de quelques amis qui ont souhaité y apporter leur contribution… De plus, j’ai bénéficié du soutien des Machineurs et de TractoFilm qui avaient produit mon précédent film et m’ont prêté du matériel pour celui-ci…
TOBM :   Le film est-il distribué ?
A .S:   Le film est actuellement en festivals mais n’a pas de distributeur à proprement parlé. C’est moi qui me charge de cela entre deux tournages, deux sessions d’écriture etc… 
TOBM: Merci Arnaud pour toutes ces réponses !

extrait du scénario communiqué par M. Sadowski


LA VIE COMME ELLE VIENT
- CARPE DIEM -
"Ensemble, ils vont cueillir le jour. Chaque jour."

Un film écrit & réalisé par ARNAUD SADOWSKI

ELLE : Julie DE BONA
LUI : Matthieu LONGATTE
LA GERANTE : Valérie VOGT
LE BARMAN : Jean FORNEROD
Page 1
 

NOTE INFORMATIVE 1 : Le film mettant en parallèle deux histoires, chaque scène est suivie de la mention "HISTOIRE
A" ou "HISTOIRE B" afin de faciliter les repères du lecteur.
NOTE INFORMATIVE 2 : Les prénoms utilisés dans le scénario n’apparaîtront jamais dans le film où aucun prénom ne sera utilisé.

PRE-GENERIQUE - SUR LES QUAIS DE SEINE
HISTOIRE A - JOUR 1
BENJAMIN, 25 ans environ, marche sur les quais de Seine. Il
porte un jean et un t-shirt.
BENJAMIN
(off)
Ce mec, c’est moi. Bon, j’peux pas encore tout vous dévoiler mais puisqu’on est entre nous, je vais quand même vous mettre dans la confidence...
(il s’arrête et enchaine)
Dans quelques mètres, ma route va croiser la sienne et ma vie va changer...

1 - EXT. JOUR - DANS UN PARC
HISTOIRE B - JOUR 1
BENJAMIN marche dans un parc. Il porte un jean et une chemise. Non loin de là, LOLA est assise sur un banc, un livre à la main.
BENJAMIN
(off)
Combien de fois on peut tomber amoureux dans une vie selon vous ? Enfin... pour de vrai j’veux dire. Jusqu’ici, Cupidon décochait ses flèches un peu facilement avec moi. J’pouvais tomber amoureux presque tous les jours. En tout cas, c’est ce que je croyais...
2 - EXT. JOUR - SUR LES BORDS DE SEINE
HISTOIRE A - JOUR 1
BENJAMIN poursuit son chemin. Il sort une cigarette de son paquet, fouille dans ses poches et s’arrête près de LOLA, assise au bord de l’eau, un magazine à la main.
[.../...]

BENJAMIN
Excusez-moi, vous auriez du feu ?
LOLA
(se retournant furtivement)

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