mardi 19 mai 2015

Festival de Cannes 2015

15 mai 2015











 

Les terminales métalliers ont visionné un film de la Quinzaine des Réalisateurs : Trois souvenirs de ma jeunesse d' Arnaud Desplechin.





Le public a ensuite échangé avec l'équipe du film, le réalisateur et l'acteur  Mathieu Almaric.




Arnaud Desplechin a signé une dédicace aux élèves. 

 
Les élèves ont profité de l'ambiance du Festival et de son célèbre tapis rouge.  La région nous a ensuite reçu dans ses locaux. 







ÉCHANGES AVEC L’ÉQUIPE DU FILM : Trois souvenirs de ma jeunesse
lors de la Quinzaine des Réalisateurs au festival de Cannes.

Propos retranscris par les Terminales OBM

Spectateur : « Bonjour. J’ai une question sur le double narrateur. Mathieu Amalric commence avec un « je » et à un moment donné il arrive avec un « il ». Je voulais savoir comment cela a été construit »
Arnaud Desplechin (réalisateur) : C’est une première question très savante (rire de la salle). La voix off  « il » arrive en milieu de film. J’ai pensé à un film qui me plait : « Le temps de l’innocence » Souvent les spectateurs n’aiment pas les voix off, alors ça me plait d’en mettre dans les films !
Spectateur : C’est une question à Quentin. Quel effet ça vous fait d’avoir une page sur vous dans libération aujourd’hui ?
Quentin Dolmaire, Acteur : « c’est vachement cool ! Non franchement un ami me l’a envoyé ce matin par Internet, je venais de me lever, et ça fait un drôle d’effet quoi, C’est vachement bien, on réalise qu’à moitié… je souhaite que ça vous arrive un jour [rires salle]
Spectateur : question « bête » qu’est devenue Esther ? [ndlr elle a quitté le jeune homme et on ignore ce qu’elle est devenue à l’âge adulte contrairement à lui qui est devenu ethnologue et a voyagé dans le monde avant de revenir en France 20 ans plus tard]
Arnaud Desplechin (réalisateur) : Qu’est devenue Esther ? Il y a une phrase dans le film qui me déchire le cœur à chaque fois : « qu’est-ce que tu vas faire quand tu seras grande ? » et elle lui répond « après le bac je vais te décevoir ». Décevoir les gens avec une morgue pareille, je trouve ça admirable.
Spectateur : Je voudrais savoir s’il y a certains dialogues qui sont laissés à l’improvisation ou si c’était très très écrit?
Lou Roy-Lecollinet, actrice : « C’est très écrit, il n’y a pas vraiment d’improvisation dans le texte, le texte est important, chaque mot est important. Il y a plus de liberté dans l’attitude, dans le jeu et c’est peut être de là que vient cette impression d’improvisation mais évidemment le texte est écrit. »
Arnaud Desplechin : « Si vous croyez que c’est improvisé, ça me va vachement, parce que ça veut dire qu’ils sont super bons [rires] » 
les deux acteurs Quentin Dolmaire et Lou Roy-Lecollinet
Spectateur : Moi je voulais juste savoir comment Mathieu Amalric s’était replongé dans le dédale de Paul Dédalus si longtemps après [ndlr : Mathieu a déjà été Paul Dédalus, 30 ans, maître-assistant en philosophie à l'université de Nanterre dans le film « Comment je me suis disputé… (Ma vie sexuelle) » Sorti en 1996]
Mathieu Amalric : (après un blanc, rires de la salle) Euh, si longtemps après ? Eh bien c’était la même chemise que je portais dans « comment je me suis disputé … », le gout des chemises fleuries lui venait visiblement de son adolescence. Sinon, c’est beaucoup d’émotion, c’est incroyablement bouleversant d’avoir comme un… Luc Skywalker ou un Han Solo qui revient, c’est ce jeu là d’être comme protégé par son personnage et de voir, comme il le dit à la fin, « qu’il reste intact ». Donc je demande à avoir la suite…. 
Spectateur : Vous êtes vous beaucoup inspiré de la façon de jouer de Mathieu Amalric et de Jean-Pierre Léaud ?
[ndlr : Jean-Pierre Léaud a joué le héros turbulent dans Les Quatre Cents Coups de François Truffaut en 1959 ou « Baisé volé » en 1968, dont le thème est aussi un amour impossible]
Quentin Dolmaire, Acteur : « J’avais vu les films d’Arnaud, donc j’avais beaucoup vu jouer Mathieu avant le début du tournage et du casting. Je n’ai pas cherché à calquer mais c’est venu naturellement, la première fois que je l’ai vu, ce qui m’a choqué c’est que j’ai trouvé que j’avais un peu les mêmes gestuelles que Mathieu, enfin il y a des trucs comme ça. Après oui  j’ai regardé « Baisers volés » de Truffaut, moi je venais plus du théâtre, j’ai du apprendre à jouer devant une caméra c’était pas pareil […] Comme Arnaud ne me demandait pas de calquer sur d’autres acteurs, j’ai essayé de garder ce qu’il y avait en moi, ce qui me plaisait tout simplement.
Spectateur : Pourquoi le prénom d’Esther que vous avez déjà utilisé dans votre film « comment je me suis disputé… » ?
Arnaud Desplechin (réalisateur) : « Esther est effectivement le nom du personnage joué par Emmanuelle Devos, Esther en hébreu veut dire « la cachée ». C’est l’idée d’un personnage lumineux et brutal et en même temps elle a un trésor en elle qu’on n’arrive jamais à percer »
Arnaud Desplechin et son acteur fétiche Mathieu Almaric
Spectateur : Vous aimez beaucoup tourner avec Mathieu Amalric, c’est le 3ème Paul Dédalus qu’il incarne.
Arnaud Desplechin (réalisateur) : Je suis bouleversé par la performance de Mathieu qui a introduit dans ce film là quelque chose de nouveau : le thème de l’exil, de cet homme qui ne cesse de fuir, de revenir, dans ce mouvement d’exil depuis son enfance : exil de chez sa mère, exil en URSS, exil à Paris, exil au Tadjikistan. Dans les scènes poignantes que Mathieu m’a offert à la fin du film, il incarne cela avec une vibration qui m’a laissé pantois.

2h3mn‎‎ ‎‎ - Drame‎
Distribution: Mathieu Amalric, Lou Roy-Lecollinet, Quentin Dolmaire, Léonard Matton, André Dussollier, Olivier Rabourdin, Gilles Cohen, Françoise Lebrun

Synopsis : le film évoque le souvenir de Paul Dédalus qui revient en France après un séjour au Tadjikistan,  le fait de remonter à son enfance à trois moments différents : avec sa mère enfant, adolescent lors d'un voyage en URSS, puis son premier grand amour de jeunesse Esther

Que pensent les élèves de Trois souvenirs de ma jeunesse ?

La problématique  du film ? Ce garçon a gâché sa jeunesse et il regrette finalement son amour de jeunesse qui est l’amour de sa vie alors qu'on croyait que c'était une simple amourette.
Le film parle aussi des années 80,  de la vie des adolescents et nous avons la présentation d’un pan de l'histoire avec l'URSS et la chute du mur en 1989.

Le sujet parle de l'identité de Paul Dédalus. Il donne son identité à un homme qui veut fuir l’URSS et fait preuve de courage en étant déjà un peu « résistant ». Il révèle aussi ses sentiments pour Esther son premier amour.
On a aimé plus tard l'histoire qui raconte la façon dont il a séduit cette jeune femme avec beaucoup d'humour et de sincérité. Le personnage a tendance à se rabaisser, se dévaloriser alors que la fille a un peu « les chevilles qui gonflent » mais on sent en fait qu’elle est au second degré. J'aime la façon de penser et de parler de ce garçon qui ne prend pas mal les choses même quand ça tourne mal. Il prend sur lui, quand il est trompé par exemple et il n'est jamais vulgaire. Il y a beaucoup de fair-play chez ce jeune.
Le 2ème point que l’on a apprécié c’est les relations quasi maternelles qu’il a avec sa tante qui l'a élevé et soutenu avec beaucoup d'amour quand cela allait mal dans sa vie et aussi son vieux professeur d'anthropologie avec qui il établit une relation de confiance.   Le passage où il taquine son professeur en se rabaissant avec humour est très drôle. Il lui dit que parmi tous ses élèves brillants, il lui faut un élève médiocre comme lui, qui ne sait lire ni le latin et le grec nécessaire pour intégrer son cours,  comme ça il sera le contrepoint nécessaire pour que les autres élèves se sentent valorisés.
Il y a une belle fin quand Paul est avec un ancien camarade et qu’ils se disent la vérité « entre quatre yeux » il règle ses comptes avec cet ami qui lui avait piqué sa petite amie et là on comprend que c’était son plus grand amour, son regret.
Enfin du point de vue technique, on a aimé le fait que le réalisateur utilise la technique de l'iris qui s'agrandit quand le personnage retourne dans son passé.  Paul Dédalus retrouve son esprit et ses souvenirs quand s’ouvre cet iris.
La musique est plutôt sympa, jeune tout en alternant avec des morceaux classiques qui correspondent bien aux personnages : les jeunes d’un côté,  son vieux professeur de l'autre.  
Pour finir les acteurs sont jeunes, débutants et époustouflants, j’ai d’ailleurs vu sur internet qu’ils ont eu d’excellentes critiques de la presse. « L'épatant casting » : Quentin Dolmaire et Lou Roy-Lecollinet, venus du théâtre, ont tourné leur premier film.

 N. Pedretti, A. Soyer et A. Chafino, TOBM       

 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire