samedi 27 avril 2013

Questions autour du film "Bled Number One"



Dans le cadre du dispositif «Lycéens au cinéma» Amélie Masciotta, est intervenue auprès des Première Logistique le vendredi 12 avril 2013 pour aider les élèves à comprendre le film Bled Number One, prix de la jeunesse à Cannes en 2006

Amélie Masciotta a réfléchit avec les élèves aux questions que soulève le film : le regard du réalisateur, Rabah Ameur-Zeimèche, sur son pays d'origine, et sa rencontre avec le peuple algérien

Le personnage du réalisateur/ acteur Rabah Ameur-Zeimèche, reconnaissable dans le film par son bonnet orange, personnage toujours balancé dans un univers qui lui est hostile. Le personnage, toujours en marge, se construit à travers sa filmographie : Dernier maquis, les chants de Mandrin et Wesh Wesh qu'est ce qui se passe. Il devient reconnaissable un peu à la manière de Charlie Chaplin, Jacques Tati ou Buster Keaton.

D'autres personnages comme Louisa, toujours filmée dans un sur-cadre, derrière des portes, des fenêtres pour montrer l'impasse de sa situation ou le comique Ramzi.

Rabah fait tourner sa famille et ses amis, il les sort des clichés traditionnels attribués aux arabes et les amènent vers le cinéma d'auteur.

Amélie Masciotta aborde également la musique et présente le compositeur kabyle Lounès Matoub, artiste militant de la cause berbère, assassinée lors de la guerre civile en 1998 et parle de la présence de Rodolphe Burger, auteur/compositeur de Bashung ou Jeanne Ballibar, filmé à deux reprise branché à un amphi au milieu de nulle part. C'est une pause musicale, une pause rokn'roll.

La manière de filmer en caméra numérique, moins chère, permet de multiples couches de couleurs. Le réalisateur filme caméra sur l'épaule et accentue le coté documentaire. La description du rite de la zerda : le sacrifice d'une vache qu'on partage ensuite en parts égales pour tous les gens du village est ainsi réalisé et tourné à la manière d'un documentaire. Le film a été récompensé au festival de Cannes catégorie un certain regard pour les nouveautés apportés pour sa mise en scène. Il y a ainsi quelques acteurs professionnels filmés au milieu d'acteurs non professionnels. Les scènes sont filmées à deux caméras placées à des endroits différents, ce qui permet d'éviter trop de raccords et de reprises, la plupart des acteurs étant non professionnels.

L'intervenante présente la manière de filmer la violence du film : violence des desperados (les intégristes du village sont appelés ainsi), la violence des hommes envers les femmes, et la confronte à d'autres manières d'aborder la violence comme dans le film d'animation Valse avec Bashir d'Ari Folman qui traite d'un massacre de palestinien par des phalangistes chrétiens.

Enfin, sont abordés les références à d'autres genres cinématographiques : elle décortique la séquence de l'entrée des desperados dans le café pour en souligner les liens avec le genre du western. Elle présente Rio bravo ou Dead Man de Jarmusch pour nous montrer les similitudes du genre (Scènes de grands paysages; opposition bande/héros solitaire, des hommes qui traversent la rue en faisant la loi) et nous présente le film comme un western des temps moderne.
Elle souligne les références artistiques comme la reprise du tableau Sur la plage de Manet reprit lors de la scène de la plage.

Véronique Grandjacques et Florence Braun

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